Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 14:10

               " Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie."
                                                                                                                    Raoul Vaneigem.


          Dans un décor moribond ciselé à même la roche par un burin millénaire, la vie grouille de quotidienneté.
     La population locale s'affaire comme des fourmis le long de ces chemins, balisés de normes, bordés de règles moralisatrices et de traditions séculaires. Ça les rassure, ces poussières en puissance, d'avoir un itinéraire tout tracé, déjà convenu.

          Ici, les montagnes sont toutes puissantes.
     Elles paraissent pourtant bien mortes, immobiles et, pour une vie d'homme, immuables.
     Imbues d'elles-mêmes, elles se dressent, prétentieuses, sur la ligne d'horizon, nous bouchant la vue d'un possible ailleurs, à l'occasion.
     Rien ici ne leur fait peur et, en attendant qu'une plaque tectonique vienne les ébranler, elles se jouent des vents enfantins qui tentent de les chatouiller.
     Même ces soit-disant tempétueux portent des noms flirtant avec la mièvrerie. Ainsi, le vent du nord, froid il est vrai mais trop timide et trop poussif, rougi à la rencontre des flancs rocheux pour y déposer sa "Bise".

          Il n'y a guère que quelques contemplatifs un peu attardés comme moi qui peuvent rester là, à scruter l'immobilité, la passivité de la nature.
     Les autres se sont agglutinés sur les bords de la seule imposante, mais fermée, étendue d'eau... douce!
     N'étant quasiment jamais rappelés à l'ordre des choses par quelques forces physiques naturelles, ils se concentrent sur leur propre individualité et développent ainsi une extraordinaire prétention.

          L'espèce humaine est ici célébrée dans ce qu'elle a de plus navrant :
      l'égoïsme, le culte de l'effort, et de la sueur financière crasse qui en découle ( à tels flots qu'on y exhibe ses richesses sans modestie aucune ), et le consumérisme outrancier dont on sait, et dont on dit aujourd'hui enfin, qu'il est facteur du réchauffement climatique et autres dérèglements terrestres.

          Cet écrin de connerie, cette réserve d'esclaves guenillés d'autosuffisance s'appelle la France... heu... la Suisse.

         


Par Maël - Publié dans : Journal d'un exilé volontaire en Capitalésie
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