Samedi 14 février 2009
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Depuis l'adolescence je connais de temps en temps une étrange sensation. Ça s'agrippe à mon ego et titille je-ne-sais quelle fierté dont je me
pare à l'évocation de quelques raretés artistiques, culturelles et même politiques que je pense être un des seuls à apprécier à leur juste valeur.
Quel con prétentieux je fais tout de même parfois...
C'est précisément quand la majorité de mes congénères décide de partager ce même intérêt que je me mets à
exécrer l'objet du-dit intérêt.
Combien de textes ai-je pu bannir de mes lectures à cause de cette vexation mal placée?
Combien de films ne suis.je pas allé voir pour l'unique raison que beaucoup de gens l'avaient apprécié? Combien de fois ai-je cru devancer les modes? Combien de penseurs ai-je contredit dans le
simple but de le faire quand autour de la table la majorité y adhérait?
Ces derniers temps encore je ressens cette sensation et me désolidarise donc de la pensée ambiante. Je dois dire que même si je pense
sincèrement l'avoir vu venir, quand on a les pieds dans la merde, ça fait toujours quelque chose de sentir ses narines trembler sous les fétides effluves.
La mode est à la merde intellectuelle.
Préparons-nous! Si nous n'influons pas maintenant sur les décisions stylistiques douteuses de nos dirigeants, c'est du fond chiasseux de leurs idéaux que le prêt-à-porter
de demain ira chercher ses tendances : tout le monde à poil, une matraque dans le cul et un bracelet électronique à la cheville qui nous tasera quand nous dévierons du seul chemin qui nous sera
autoriser de suivre, celui nous menant de notre maison ( en carton bio recyclé ) à notre lieu d'exploitation.
" Ils nous paraissent grands car nous sommes à genoux, debout!"
Par Maël
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Publié dans : autobiographie
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