Vendredi 27 février 2009
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A l'instar de la grande majorité de mes congénères, je fus entraîné dès mon plus
jeune âge à l'appréhension inconsciente de ma soumission aux règles d'une lutte déjà perdue.
Par la question qui leur est posée au moment où leur cerveau est en mesure de projeter leur existence dans l'avenir: " Qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand?",
les malheureux non-rentiers, qui n'ont que leur corps comme richesse échangeable dans le combat, doivent vite se rendre à l'évidence de l'effort qu'il faudra fournir afin d'endosser une
fonctionnalité socio-financio-identitaire, grâce à laquelle ils pourrons espérer être "suffisamment" rétribués dans le but de se sortir de ce que nous considérons être Rien, l'échec de la vie, la
non-possession, en somme...
Nous pouvons ainsi, fonctionnellement, acquérir enfin les produits-placebos qui satisfont des besoins fabriqués et grossièrement insufflés dans nos valeurs existentielles.
Ainsi il en va de la propriété ou de la consommation des inévitables avancées technologiques...
Les satisfactions vitales, de la faim et de la soif sont bien entendu primordiales. Et pourtant... Nous devons nous montrer dociles, assujettis huit heures par jour, cinq
jours par semaine ( chez les mieux lotis d'entre nous ) pour recevoir le droit d'accéder à ces demandes naturelles.
Pourtant nous ne sommes pas dans l'obligation vitale de prendre part à cette aliénation identitaire qui fait plier les fondements solidaires de l'évolution de l'espèce.
Il nous reste les chemins de traverse, les "autres solitudes" :
A l'instar de quelconques références, les frontières me sont elles aussi inconnues.
Je vais réclamer mon droit à la vie aux portes des citoyens d'un humanisme universel, cette république n'a qu'un parlement, la voix du peuple, la voix de chacun.
Certains vous diront que cet État est utopique et pourtant ces mêmes sont généralement assez généreux. Et je sais que beaucoup d'entre eux s'assoient difficilement
sur certains de leurs épineux principes ou sur quelques unes de leurs douillettes valeurs, afin de remplir la gamelle d'un chie... d'un humain errant.
Je les remercie de ne pas brandir le bâton à mon arrivée, ils sont déjà bien assez nombreux à faire tonner les fusils de la morale, m'obligeant à rebrousser chemin.
Par Maël
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Publié dans : autobiographie
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