Mercredi 11 février 2009
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" Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa
vie."
Raoul Vaneigem.
Dans un décor moribond ciselé à même la roche par un burin millénaire, la vie grouille de quotidienneté.
La population locale s'affaire comme des fourmis le long de ces chemins, balisés de normes, bordés de règles moralisatrices et de traditions séculaires. Ça les rassure, ces
poussières en puissance, d'avoir un itinéraire tout tracé, déjà convenu.
Ici, les montagnes sont toutes puissantes.
Elles paraissent pourtant bien mortes, immobiles et, pour une vie d'homme, immuables.
Imbues d'elles-mêmes, elles se dressent, prétentieuses, sur la ligne d'horizon, nous bouchant la vue d'un possible ailleurs, à l'occasion.
Rien ici ne leur fait peur et, en attendant qu'une plaque tectonique vienne les ébranler, elles se jouent des vents enfantins qui tentent de les chatouiller.
Même ces soit-disant tempétueux portent des noms flirtant avec la mièvrerie. Ainsi, le vent du nord, froid il est vrai mais trop timide et trop poussif, rougi à la
rencontre des flancs rocheux pour y déposer sa "Bise".
Il n'y a guère que quelques contemplatifs un peu attardés comme moi qui peuvent rester là, à scruter l'immobilité, la passivité de la
nature.
Les autres se sont agglutinés sur les bords de la seule imposante, mais fermée, étendue d'eau... douce!
N'étant quasiment jamais rappelés à l'ordre des choses par quelques forces physiques naturelles, ils se concentrent sur leur propre individualité et développent ainsi une
extraordinaire prétention.
L'espèce humaine est ici célébrée dans ce qu'elle a de plus navrant :
l'égoïsme, le culte de l'effort, et de la sueur financière crasse qui en découle ( à tels flots qu'on y exhibe ses richesses sans modestie aucune ), et le
consumérisme outrancier dont on sait, et dont on dit aujourd'hui enfin, qu'il est facteur du réchauffement climatique et autres dérèglements terrestres.
Cet écrin de connerie, cette réserve d'esclaves guenillés d'autosuffisance s'appelle la France... heu... la Suisse.
Mercredi 11 février 2009
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" Alors? On est venu se faire de l'argent, ou bien?! Comme tous ces portugais qui viennent prendre le
boulot des suisses! Juste le temps de construire leur maison, chez eux, là-bas!"
Un vieux bernois, "pur jus", à propos, entre autres, des éducateurs s'occupant de
son fils handicapé, en 2007.
En 2007 car aujourd'hui, en 2009, les votations sur l'élargissement des accords bilatéraux entre l' Union Européenne et la Suisse, à la
Hongrie et à la Roumanie ont eu lieu et visiblement le peuple suisse est tout à fait enclin à accueillir de nouveaux travailleurs venus d'horizons divers. Tiens? Ça m' fait penser à un truc que
j'ai écrit il y a quelque temps... un jour de mauvaise esprit sans doute...
Lundi 9 février 2009
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Dans le train qui me menait pour la première fois en Suisse, en 2004 précisement, je me souviens avoir
écarquillé les yeux à la vue de tant de neige. La campagne était blanche, immaculée, sous mon regard ébahi. Et pourtant, avec le vocabulaire en vigueur ici, comment se fait-il qu'un "packaging"
si attrayant renferme un "produit" si laid?
Le blanc chatoyant de la carte postale vivante de mon arrivée a vite laisser la place au gris sale et indélébile de l'argent, d'un salaire, d'un emploi,
d'une..."situation".
Le noir oppressant de l'obligation de rentabilité humaine.
Ici non plus, il n'était visiblement pas permis d'espérer vivre sans rendre de comptes à qui ou quoi que ce soit.
Oh Là!! Je n'ai aucune prétention. A part l'amour, rien n'a motivé ma venue ici ou mon départ pour ailleurs. Je ne suis pas pellerin, aucune
étoile ne me guide et marcher dans les pas de Kerouac ou d'un autre ne me concerne pas; bref, il n'y a rien d'intiatique là-dedans!
Je suis bel et bien sur la route, On the road again Nanard, effectivement... mais je traine des pieds, je fige le paysage quand je veux moi Môssieur! Je suis en
errance, je chasserai les papillons d'un coin à l'autre de la panète et mon jardin est immense.
Je dois avouer, à qui voudrait m'extirper des aveux, que je me fous de savoir ce qui s'y est passé et qui pourra profiter de ces innombrables fruits à l'avenir.
"Nous empruntons la terre à nos enfants"? disait je-ne-sais quel écologiste, ok, alors profitons-en!
Jeudi 14 février 2008
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16:58
Entendu dans un flash info de France inter le mercredi 13 février 2008:
" Un militant de la lutte contre les expulsions de sans-papiers a été condamné par la justice à une amende de 800 euros pour propos injurieux et dégrandants. Dans un mail rédigé par ce
militant, comparaison était faite entre la police actuelle et celle qui officiait sous Vichy :
" ...Pétain a donc oublié ses chiens" ".
Ok... 800 euros? Ben j'prends le risque quand même de dire ce que je pense de ce rendu de just'... pardon, de ce rendu de justtsssssss... ben merde alors... j'arrive même plus à l'écrire... RENDU
DE JUSTIIIICCCCEEEUUU!!!! J'espère que ça va pas me coûter trop cher quand même! Bref, allons-y:
Oui, la police aux ordres du ministère de l'immigration et de l'identité nationale ou à ceux de celui de l'intérieur ( je ne sais plus faire la diff') peuvent s'apparenter aux canidés les plus
zélés qui peuplait la meute de képis officiant sous le joug péténiste, surtout quand ils font irruption à 5h00 du matin dans les foyers de travailleurs immigrés ( à grands coups de bélier dans
les portes de chambres ) pour y débusquer leur gibier préféré du moment: l'étranger clandestin!
La référence au régime de Vichy et à sa chasse aux juifs ( entre autres ) me paraît évidente.
Pourtant, qu'est-ce qui me dit que je ne vais pas être poursuivi moi aussi pour propos injurieux? J'ai peut-être la solution. Souvenons-nous du parallèle formulé par Carla Bruni dans son
interview au journal de son pote, " L'express". Elle y mettait donc en relation le journaliste du Nouvel Observateur, metteur en lumière du fâmeux SMS de Nico à son ex, et la gestapo : " Avec
des journeaux de la sorte qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs pendant la seconde guerre mondiale ". Finaude qu'elle est, Carla s'est empressée de s'excuser et l'affaire en reste
là...
Alors voilà, je prie les lecteurs qui se sentent blessés ou offensés par mes propos de bien vouloir m'en excuser.
Dimanche 27 janvier 2008
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